• De précieux petits singes

    « Haruki, jeune homme de 26 ans, vit seul avec sa fille de deux mois et demi. Il est orphelin depuis 3 mois, sa femme est morte dans un accident de voiture avec ses parents, mais il voit encore leurs fantômes de temps en temps. Il vend des petits singes en peluches vivants qui se comportent comme de vrais singes et qui peuvent parler à ceux qui les achètent. Mais un matin, il décidera d’en faire quelques uns pour sa fille, Meisa. »

    Chapitre 1:

    Cela fait depuis bientôt deux ans que je vends ces adorables petites peluches. Elles ressentent les mêmes choses que leurs acheteurs, elles sont toujours très souriantes, mais parfois, je peux les entendre pleurer rien qu’à l’idée de se séparer de moi. Quelques unes d’entre elles sont sur la table de mon atelier et me regardent travailler avec leurs petits yeux noirs. Parmi ces petits singes, il y a le petit Suguri, crée depuis deux jours. Il pleure toujours s’il n’obtient pas ce qu’il veut, mais je l’aime bien. Il est assis à côté de sa petite sœur Pinku, crée depuis hier soir. Il y a aussi Akai, crée depuis une semaine, un petit singe rouge avec une chemise rose pâle et un bermuda noir. Parmi les vêtements de peluches que j’ai confectionnés, le choix était difficile pour lui, mais l’ensemble que je lui ai suggéré lui a bien plu. Puis enfin, les deux jumeaux Kokoa et Maru, crées depuis trois jours. Ils ont tous les deux la particularité de pleurer quand je ne les habille pas pareils.

    Pour l’instant, j’ai terminé le petit Kuraudo, un petit singe gris foncé. Je n’ai plus qu’à l’habiller. Mais alors que je recouds une des manches de son pull, Pinku s’agite et crie :
    « -Une aiguille ! Attention, papa, tu vas te piquer !!
    -Aïe ! »

    Pinku me fait sursauter et je me pique le doigt. A la vue de quelques gouttes de sang, Pinku se met à pleurer et à hurler :
    « -Oh non ! C’est ma faute ! DUIIIIIIIIIIIIIIN !!! DUIIIIIIIIIIIIN !!! »

    Pinku se met à rouler sur la table en criant.
    « -Pardon papa, mais l’aiguille me fait peur… » gémit-elle.
    J’essaye de calmer Pinku en la prenant sur mes genoux et en lui caressant la tête. Puis je lui propose un peu de chocolat chaud dans un biberon. Je sais qu’elle ne peut pas y résister. Je lui essuie ses larmes avec les manches de ma chemise et sors un petit biberon de ma poche.
    « -Tiens, petit singe… » lui ai-je chuchoté à l’oreille. Pinku engloutit le chocolat chaud et laisse échapper un petit rôt pour manifester sa satisfaction. Puis Suguri se met à pleurer à son tour. Je ne pourrais donc jamais finir les vêtements de Kuraudo.

    « -Alors, qu’est-ce qu’il y a, mon petit Suguri ?
    -Je veux du chocolat au lait, moi aussi…DUIIIIIIIIIIIN !!!
    -Il faut demander, petit Suguri… » dis-je en le chatouillant.
    Suguri éclate de rire et bouge dans tous les sens. Je le prends dans mes bras et l’installe sur mes genoux. Puis je lui dis en lui caressant la tête :
    « -Patiente un peu, je vais finir d’habiller ton petit frère, Suguri… »

    Et comme par hasard, Kuraudo se met à pleurer à son tour.
    « -Papa !! Tu as oublié de m’habiller, je vais avoir froid !
    -Patience, petit frère, je vais t’habiller. Tu auras droit à de beaux vêtements de petit singe. »

    Kuraudo se rassoit sur la table et me regarde coudre ses vêtements en souriant. Une fois que j’ai fini les manches du pull, je sors un petit pantalon noir à rayures d’une boîte rempli de vêtements réservés aux nouvelles peluches et couds un petit bouton vert en forme d’étoile. Puis j’habille Kuraudo qui se met à danser sur place sans me laisser boutonner son pantalon. Puis finalement il parvient à le boutonner tout seul.

    Les petits singes me fixent avec leurs petits yeux noirs et leurs sourires attendrissants et viennent se coucher sur mes genoux en me demandant :
    « -Dis, papa, on a faim. Tu sais faire les gâteaux ?
    -Les gâteaux ? Oui, je sais en faire…
    -Parce que nous, on adore ça, les gâteaux ! Tu peux nous en faire, s’il te plaît ?
    -Oui, je peux…
    -VOUIIIIIII !! C’EST SUPER !! »

    Les petits singes dansent sur place, puis ils me suivent jusqu’à la cuisine. Je leur prépare ce que je sais le mieux faire : des daifukus au chocolat et des macarons aux agrumes. Les petits singes hument la pâte à macarons. Leurs petits yeux noirs fixent le bol, Akai et Suguri commencent à saliver. Ils rapprochent leurs derrières dodus du grand bol rouge où je prépare ma pâte à macarons avec soins pour d’adorables petits singes. 

    Chapitre 2 :

    Une fois les gâteaux prêts, je les pose dans une assiette et les petits singes se jettent dessus et engloutissent les petits gâteaux les uns après les autres  jusqu’à ce Kokoa se mette à crier :
    « -DUIIIIIIIIIN !! On ne mange pas tout ! Faut en laisser pour notre sœur et notre papa, sinon, on va le regretter !
    -Calme-toi, petit Kokoa. Je les ai faits pour toi et tes amis. Et puis, si j’en veux, il me reste de quoi en refaire d’autre, tu sais.
    -Mais je voulais t’en laisser…Parce que t’es mon papa…Je vais le regretter… BWAAAAAHAAAHAAAAA !!! »

    Kokoa éclate en sanglots et cache ses yeux avec ses petites pattes pelucheuses. Je le prends dans mes bras pour le consoler.
    «-Mais non, tu ne vas rien regretter. Calme-toi, petit Kokoa. »

    Le nez du petit singe replet coule, mon premier réflexe est de lui tendre un mouchoir que j’ai sorti de ma poche. Kokoa se mouche et recommence à pleurer et à crier :
    « -DUIIIIIIIIIIN !! DUIIIIIIIIIIIIIIIIN !! »

    Les petits singes se mettent à pleurer eux aussi. Pour les consoler, je leur propose de sortir un peu. Les pauvres n’ont pas encore vu le jour.
    « -Mais…Que vont dire les gens s’ils te voient sortir dehors avec des petits singes comme nous ?
    -Ils vont sans doute vous trouver adorables comme petits singes… »

    Avant de sortir, je fais leur toilette et je les habille. Pinku et Maru ont des petites salopettes roses, des bottes en caoutchouc jaunes et un imperméable assorti. J’enfile à Kokoa une salopette en jean rouge, une paire de bottes noires et une doudoune verte. Puis je m’occupe d’habiller Kuraudo. Je lui mets un petit pantalon jaune, une doudoune vert citron et une paire de baskets noires. Akai et Suguri veulent chacun un petit uniforme d’écolier avec un petit imperméable orange à rayures violettes et un petit chapeau assorti.

    Une fois mes petits singes habillés, je leur demande de m’attendre sagement devant la porte d’entrée pendant que je vais voir Meisa. Je n’ai aucune envie de la laisser toute seule. Une fois entré dans sa chambre, j’ouvre les volets et je l’entends pleurer et gémir.
    «-Oups ! Je t’ai réveillée ! Je suis désolé. »

    Puis elle recommence à pleurer et se met à pousser un cri strident :
    « -DUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN !! »

    Je m’approche du lit de Meisa et remarque quelque chose d’étrange. Mon adorable petite fille est devenue un singe en peluche replet. Un petit singe noir avec un petit ruban dans les cheveux et un pyjama rose. Elle me regarde avec un grand sourire pendant que je la regarde avec étonnement.
    « -Meisa ? Ce petit singe… C’est bien toi ? »

    Et Meisa pleure une fois de plus. C’est à ce moment là que j’entends une voix me dire :
    « -Eh bien quoi ? Tu ne reconnais pas ta propre fille ? »

    Cette voix ressemble à une voix de femme. Alors que Meisa continue à pleurer, la voix reprend :
    « -Accepte-la comme elle est. »

    Meisa se met à crier et à faire tomber son ours en peluche par terre.
    « -Aïe ! Fais attention ! Tu aurais pu me faire mal !! »

    Grogne l’ours en peluche. C’est à ce moment que je réalise que cette voix de femme que j’ai entendu tout à l’heure, c’était le nounours de Meisa.

    Je prends ma fille, ou plutôt mon petit singe dans mes bras, je lui peigne les cheveux, puis je l’habille. En boutonnant la robe beige de Meisa, je lui chuchote à l’oreille :
    «-Tu restes ma petite fille, même si tu es un petit singe. »

    Une fois mon petit bébé habillé et coiffé, je la prends dans mes bras et redescend jusqu’à l’entrée. Les petits singes me regardent en souriant.
    « -C’est Meisa ! Waw ! Elle est belle, notre sœur ! »

    Disent les petits singes. Je fouille dans une des poches de mon manteau et sort un joli petit biberon orange. Je le donne à Meisa qui boit tout d’un seul coup sans oublier de se mettre du lait partout autour de la bouche. Je sors un autre mouchoir de ma poche et essuie les éventuelles traces de lait autour de sa bouche et sur son museau. En enfilant mon manteau, je remets le biberon dans ma poche.

     

    Chapitre 3 :

    En sortant, j’ai croisé ma vieille voisine. Elle m’espionne sans arrêt, je la déteste. En fixant Meisa et les autres petits singes d’un air agacé, elle grogne :
    « -Jeune homme, je ne sais pas comment vous faites pour supporter cette bande de petits boudinés. Je les entends chialer depuis mon salon ! Ces petits singes sont inutiles, ils ne méritent même pas d’exister ! Vous pensiez m’attendrir avec vos petits crétins ?!
    -Et vous, vous pensiez m’attendrir avec votre tête de pitbull enragé ? »

    La vieille truie qui me sert de voisine ne trouve plus rien à répondre. Elle retourne chez elle, choquée. Mes petits singes chéris pleurent à cause d’elle.
    « -Elle est méchante, grogne Kuraudo.
    -C’est elle qui ne mérite pas d’exister, renchérit Kokoa.
    -On est pas des petits boudinés ! BWAAHAAAHAAAAAAAAA !! »

    Maru se met à gémir et à se plaindre de cette vieille voisine qui les a insultés, elle et ses amis. J’essaye de consoler mes précieux petits singes en les serrant dans mes bras et en leur disant qu’ils étaient très mignons et que cette voisine débile était juste jalouse.
    Après s’être calmés, les petits singes se mettent en rang d’oignons et me suivent jusqu’au magasin de tissu le plus proche.

    Alors que nous allions entrer dans le magasin, Suguri m’interpelle :
    « -Papa ! Viens voir ! Kuraudo mange de la boue !
    -Ah bon ? »

    J’éclate de rire en pensant que c’est une blague jusqu’à ce que je me rende compte que la bouche de Kuraudo est pleine de boue.
    «-C’est très bon, ça a le goût de chocolat, tu devrais y goûter, papa ! »

    Dit Kuraudo en trempant ses pattes dans une flaque d’eau boueuse.
    «-Kuraudo ! Ne fais pas ça, tu vas te salir ! »

    C’est à quelques secondes plus tard que je me rends compte que j’aurais mieux fait de me taire. Kuraudo frotte ses petites pattes grises sur le sol et se met à pleurer.
    «-C’est une vraie source de chocolat au lait ! J’en veux ! DUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN !!!
    -Tu sais, petit singe, la boue, ça ne se mange pas…
    -Et en plus, ça a même pas le goût de chocolat au lait, ton truc ! C’est dégoûtant !!? grogne Suguri en faisant une grimace horrible.
    -Viens, Kuraudo. Je vais te nettoyer… dis-je en sortant des lingettes parfumées aux fruits rouges de ma poche.
    Puis je nettoie le museau et les pattes de Kuraudo qui se met à crier de toutes ses forces :
    « -Au meurtre ! Au meurtre !!!
    -Calme-toi, petit singe…
    -Tu n’aurais jamais du me nettoyer !! Le chocolat est en colère ! Tu l’as tué !!! »
    J’éclate de rire en pensant que c’était une blague :
    «-Calme-toi, Kuraudo. Ce que tu dis n’a aucun sens…
    -Arrête de rire, papa ! C’est pas drôle !!
    -Kuraudo…
    -Si tu ne me donnes pas de chocolat, je mange la petite sœur !! Elle a l’odeur du chocolat chaud avec du lait frais et du caramel. Je veux manger de la sœur !!!
    -(J) Voyons, petit Kuraudo, tu serais vraiment capable de manger Meisa ?
    -Oui ! Je veux la manger ! La manger…La manger…La manger… J’ai faim…
    -Mais tu as déjà eu des gâteaux tout à l’heure ! »

    Riposte Maru. Je sors de mes poches de pantalon un petit morceau de sucre et le propose à Kuraudo qui l’engloutit en souriant joyeusement.
    « -Maintenant, je peux manger la sœur ?
    -Non, tu ne peux pas manger Meisa. »

    Ai-je répondu en souriant. C’est sans doute une blague de sa part.

    Après que Kuraudo se soit calmé, j’emmène mes adorables petits singes dans le magasin de tissus le plus proche comme je leur avais promis. Je leur propose de choisir un tissu chacun. Kuraudo prend un peu de soie verte et orange qu’il lèche et en enfourne une partie dans sa bouche.
    «-Mais qu’est-ce que tu fais, Kuraudo ? »

    Me suis-je exclamée avec étonnement. La vendeuse du magasin, affolée, court vers Kuraudo en criant :
    « -Non, petit singe ! Ne mange pas mes tissus !!
    -Excusez-le, il a faim, le pauvre.
    -Donnez-lui à manger, dans ce cas. Je dois avoir quelque chose dans mon sac. »

    La vendeuse fouille dans le sac à main violet qui est sur son comptoir et en sort un petit sachet avec des boulettes de riz et un taiyaki.
    «-Tiens, petit singe. Ma voisine les a faits hier. Un jour, je lui demanderai d’en refaire pour toi, heu…Comment tu t’appelles ?
    -Je m’appelle Kuraudo !
    -Ce nom te va si bien, petit singe !
    -Kuraudo aime bien faire des blagues. Si vous l’entendez dire des choses bizarres, ne vous étonnez pas, ai-je dit en souriant.
    -Mon petit frère dit des choses bizarres, lui aussi. »

    Répond la jeune femme en éclatant de rire.

     

    Chapitre 4 : 

    Les petits singes choisissent tous des petits tissus colorés. Je paye pendant que Kuraudo déguste ses boulettes de riz.
    « -Je garde le gâteau pour la fin… »

    Chuchote le petit singe avec un grand sourire joyeux. Je salue la jeune vendeuse qui me donne du riz, des sucettes, des taiyakis et quelques petits moshis pour les petits singes qui mangent en souriant joyeusement. Je remercie cette femme d’être aussi gentille avec mes petits singes chéris.

    En rentrant, je recroise ma voisine insupportable. Elle recommence à faire pleurer mes petits singes en disant des choses blessantes :
    «-Mais ils sont encore là, ces petits porcs ! J’en ai assez de voir leurs sourires niais ! Et personne ne se trimballe avec des singes à part vous ! Je ne veux plus jamais voir leurs têtes !
    -C’est parce que vous êtes moche que vous dites du mal de mes petits singes ? »

    Ai-je dit en essayant de garder mon calme.

    Je rentre dans ma maison et tente de consoler les petites peluches. Sur le ton de la plaisanterie, je chuchote à l’oreille de Kuraudo :
    « -Si elle vous embête encore une fois, mange-la.
    -VOUIIIIIIIIIIIIIIIII !!! »

    Le petit Kuraudo saute de joie à l’idée de manger notre voisine. Je propose aux petits singes d’aller jouer dans le jardin avec Meisa pendant que je leur prépare le dîner, puis ils me promettent de rentrer avant que la nuit tombe.

    Pendant que les petits singes jouent dehors, je vais dans la salle de bains, je me lave, je me sèche vite, puis je m’habille. Je mets un pantalon noir, un tee-shirt à manches longues bleu pâle laissant voir ma clavicule décorée de deux petits grains de beauté noirs. Puis je vais préparer le dîner pour mes petites peluches replètes. Je leur préparer du tofu et des dorayakis. Je coupe des petits morceaux de poisson que je mets avec le tofu. J’installe des bols et des baguettes avec des tasses de chocolat chaud sur la table de la salle à manger. J’attends les petits singes avec impatience. Au bout de quelques minutes, alors que le repas commence tout juste à refroidir, je vais jeter un œil dans le jardin, mais je ne vois plus les singes. La nuit commence déjà à tomber. Je sors pour aller les chercher. Je ne les trouve pas. Puis je vois mes petits chéris sortir de chez ma vieille voisine en pleurant. Je ne comprends pas vraiment ce qui s’est passé. Les petits singes courent vers moi et Suguri me raconte en bégayant :
    « -On jouait dans le jardin avec un bâton…Mais un moment on l’a lancé trop loin et il a atterri dans le jardin de la vieille voisine ! On est allé le chercher et c’est à ce moment là qu’elle nous a vus chez elle récupérer notre bâton ! Elle nous a attrapés, elle a enfermé Meisa dans le placard qu’elle a fermé à clé, elle a frappé Kuraudo avec le bâton, elle a jeté une casserole sur Akai, elle a fouetté Maru, elle a ébouillanté Pinku, elle a enfermé Kokoa dans le four et a menacé de l’allumer, elle m’a cassé un bras…Puis elle nous a tous enfermés dans le noir !! Elle a sorti Kokoa du four et elle l’a frappé ! On a dû s’enfuir par la fenêtre ! Elle nous a tous fait du mal ! On voulait récupérer notre bâton pour pouvoir jouer et elle nous a fait du mal !!!
    -Je viendrai la voir demain matin… »

    Je ramène mes petits singes chéris à la maison. Les pauvres sont inondés de larmes. Meisa crie plus fort que les autres. Une fois rentré, j’essaye de consoler mes petits trésors avant de les faire dîner.
    Puis je les emmène dans la salle à manger, je les soigne, je mets un plâtre au bras de Suguri, je mets de l’eau froide sur la brûlure de Pinku et ils finissent enfin par manger. Une fois que les petits singes ont bu leur chocolat chaud, je remplis le biberon de Meisa avec de l’eau et je la fais boire.

     

    Chapitre 5 :

    En lavant mes chers petits singes, je remarque beaucoup de traces de coups, dont un bleu sur le ventre de Meisa…Je suis choqué. Je déteste encore plus ma voisine. Comment a-t-elle pu s’en prendre à des singes ? Ils ne lui ont rien fait de mal. Elle s’est attaquée à eux sans raison. Je la hais. Je ne le lui pardonnerai jamais.

    Une fois les petits propres, je les sèche et leur mets à chacun des petits pyjamas que j’ai cousu avec les nouveaux tissus qu’ils ont choisis peu après avoir préparé le dîner.

    En allant coucher les singes, je mets de la glace sur le ventre de Meisa, je les fait dormir dans ma chambre. Y compris Meisa. Je leur chante une petite berceuse, puis juste avant qu’ils s’endorment, je leur chuchote à l’oreille :
    « -Si elle vous embête encore, mangez-la. »

    Puis au moment où j’allais m’endormir, j’entends une voix de femme me dire :
    « -Excuse-moi, Haruki, je suis arrivée sans prévenir. Tu ne m’en veux pas trop ?
    -Non, ma petite chérie, tu peux entrer. »

    Cette voix, c’est celle de mon adorable petite femme. Son fantôme entre dans ma chambre. Elle regarde les petits singes avec un petit sourire attendrissant. Je m’assois sur le lit et lui fait signe de me rejoindre. Une fois assis l’un à côté de l’autre, je lui raconte tout ce que ma voisine stupide a fait aux petits singes. Ma voix tremble et ma femme éclate en sanglots.
    « -Mais c’est… C’est pas possible qu’elle ait pu faire des choses pareilles ! S’en prendre à des petits singes qui n’ont rien fait de mal…
    -Malheureusement, c’est possible… Mais je vais arranger ça.  J’irai lui parler demain, d’accord ?
    -Je hais cette vieille peau !! »

    Je prends ma femme dans mes bras et lui chante une berceuse. La même petite chansonnette qu’elle chantait à Meisa 3 mois avant sa mort. Ma femme dort dans mon lit avec les petits singes. Je me recouche en pensant à ma femme, puis aux petits singes…Et enfin, je réfléchis à ce que je vais dire à ma voisine stupide. Je me demande si je vais garder mon sang froid ou si je vais lui crier dessus. Mais étant donné que je suis un homme très calme, j’opterai plutôt pour la première situation. Je vais essayer de ne pas m’énerver, je vais aussi m’arranger pour qu’elle s’excuse…Enfin, si j’y arrive. Parce qu’en plus d’être méchante, elle est bornée. Je ne pense pas qu’elle accepte de s’excuser d’avoir frappé mes petits singes. Mais si une chose est sûre, c’est que je ne la lâcherai pas tant qu’elle ne se sera pas excusée auprès des petites peluches.

    Vers trois heures du matin, j’entends Meisa et Maru pleurer et se plaindre. Inquiet, je me lève et leur demande :
    « -Qu’est-ce qu’il y a, mes petits singes ?
    -J’ai fait un cauchemar et Meisa a soif ! DUIIIIIIIIIIIIIIIIN !!
    -Ce n’est rien, mes petites chéries, je vais…
    -DUIIIIIIIIIIIIN !!
    -Calme-toi, ma petite Maru… »

    J’emmène mes peluches criantes à la salle de bains et leur donne à boire. Puis je demande à Maru de me raconter son cauchemar et c’est à ce moment là qu’elle recommence à pleurer :
    « -C’était affreux…La voisine débile enfermait Kokoa dans le four et cette fois, elle l’allumait. Elle faisait cuire ce pauvre Kokoa…Ensuite, elle le sortait de son four et elle le mangeait devant moi…Et Meisa…Elle lui renversait de l’eau bouillante sur la tête !! DUIIIIIIIIIIIN !!!
    -Calme-toi, Maru…Tu as fait un cauchemar, c’est tout… »

    Je l’embrasse sur le nez et installe Meisa sur mon unique genou libre, c’est-à-dire le gauche. Une fois mes petites chéries calmées, je les ramène dans ma chambre, et au moment de les recoucher, je remarque qu’il y a un autre singe dans le lit. Un petit singe violet foncé avec un chemisier blanc et une jupe verte. Les mêmes vêtements que ma femme. Je regarde le singe avec étonnement, puis Maru s’exclame :
    « -C’est maman ! C’est devenu un petit singe comme nous ! Elle a réussi à se transformer !
    -VOUIIIIIIIIIIIIIIIII !!! »

    S’écrie Meisa en dandinant son petit derrière dodu dans tous les sens.
    « -Elle est adorable… »

    Ai-je laissé échapper. Elle restera ma femme même si c’est une petite peluche.

     

    Chapitre 6 :

    Le lendemain matin, en me levant, je remarque que je suis tout seul dans le lit. Les petits singes ont dû aller jouer dans le jardin, je suppose. Je leur prépare le petit déjeuner. Je mets quelques petits moshis et un taiyaki au chocolat dans des assiettes que j’installe sur la table de la salle à manger, je presse des agrumes et je fais chauffer du lait dans une casserole avec un peu de chocolat en poudre. Après avoir fini de préparer le petit déjeuner, je jette un œil dans le jardin et aperçoit ma femme qui tape à la fenêtre. Je lui ouvre, la fait entrer et lui demande où sont les autres petits singes. En me regardant avec un grand sourire, elle me répond :
    « -Ils mangent…
    -Quoi ? Ils ont pris ma blague au sérieux ? »

    Les petits singes arrivent dans le jardin en traînant le cadavre de la vieille voisine. Ils l’installent dans un coin puis ils la dévorent en souriant joyeusement. Leurs bouches sont recouvertes de sang, Suguri prend un couteau qui était à côté de lui et coupe plusieurs morceaux de voisine. Les tripes de cette dernière sont apparentes, Kokoa et Pinku les mangent en éclatant de rire. Maru prend le couteau, retire les yeux du cadavre et les avale tout rond. J’assiste à cette scène répugnante, ne sachant pas quoi faire. Puis je finis pas sourire en les regardant dévorer le cadavre de mon insupportable voisine. Au moins, ils ont eu leur vengeance.

    Les petits singes ne voulant pas finir de manger tout le cadavre, ils laissent le reste quelque part au fond du jardin et rentrent dans la maison. Ils ont l’air contents de me voir.
    « -La voisine débile qui nous a frappés hier soir n’a pas un très bon goût, mais c’est bien fait pour elle, s’esclaffe Akai.
    -VOUIIIIIIIIIIIIIIIII !!! » ajoute Meisa, bien qu’elle soit la seule à ne pas avoir mangé du cadavre.
    Je prends mes petits singes dans mes bras, je les regarde en souriant et je leur dis :
    « -Je suis très fier de vous, mes petits singes. Je vous aiderai à l’enterrer.
    -Oh oui ! Ah ça, ce serait très gentil ! » s’exclame Kuraudo.
    Après avoir nettoyé la bouche de mes petits chéris, je les emmène dans la salle à manger. Ils prennent leur petit déjeuner en souriant. Ça me fait vraiment plaisir de les voir aussi heureux.

    Après avoir mangé, je leur propose d’aller enterrer le cadavre. Les petits singes dansent sur place, Meisa éclate de rire. Ma femme court chercher la pelle. Les autres petites peluches et moi allons dans le jardin pour enterrer le corps de la voisine. Ma femme creuse un trou assez profond, nous enterrons le cadavre. Nous déposons un petit pot de fleurs violettes sur la tombe que nous avons creusée.

    Puis Kuraudo propose de faire un peu de jardinage. Pendant toute la matinée, nous plantons quelques fleurs et des arbres fruitiers. Nous avons éventuellement installé un Bonsai dans un pot en verre transparent à côté du portail qui sépare ma maison de celle de ma voisine et Akai a planté des rosiers devant la maison.
    « -On va avoir un très beau jardin plus tard, s’extasie Pinku.
    -Oui, et sans doute que quelqu’un d’autre va acheter la maison de la voisine. Quelqu’un de gentil, ajoute Kuraudo.
    -Comme la gentille vendeuse, par exemple, renchérit Maru.
    -Et si c’était une gentille mamie qui nous tricotait des pulls pour l’hiver, qui nous donnait des fruits et qui était toujours gentille et souriante avec papa ? » demande Kokoa.
    Après avoir écouté la discussion, j’annonce aux petits singes :
    -Justement, j’ai discuté avec la vendeuse du magasin de tissus hier. Elle et sa mère vont s’installer dans cette maison. Elle a appris que notre ancienne voisine allait quitter la maison…
    -Parce qu’elle nous aimait pas… » m’interromp Suguri.
    Je lui caresse la tête en lui souriant et je reprends :
    « -C’est vrai. Elle ne m’aimait pas non plus, d’ailleurs.
    -Mais c’est du passé, tout ça ! » dit ma femme époussetant ses bottes en caoutchouc.
    Puis elle ajoute d’un air inquiet :
    «-Par contre il n’y a plus qu’à espérer qu’elle ne sache pas…
    -Chhht… Ça doit rester secret.
    -D’accord, Haruki. » 

     

    Fin


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